Le Trek des Fous: Yanama – Santa Teresa – Aguas Calientes [4/5]

Le Collectivo, ce sauveur !

Pour la première fois durant ce trek, nous avons eu froid cette nuit, à 3600 mètres d’altitude. Nous apprendrons par la suite que les Hippies, seulement équipés d’une couverture en guise de duvet pour certains, sans nourriture, n’ont pas été plus loin que le col de San Juan, à 4150 mètres d’altitude. Paix à votre âme. Il a plu pendant la nuit et la Carpa, la tente, pourtant de très bonne marque, est complètement humide à l’intérieur, les affaires inclues. La journée commence bien.

Depuis le début du trek, nous étions au courant qu’il existait un collectivo entre Yanama et la Totora (jour 6) et un collectivo entre la Totora et Playa (jour 7) théoriquement à 4h30 et 6h du matin respectivement. L’ascenseur émotionnel étant de coutume pendant ce trek, la famille de Maizal nous apprendra la veille que la route de Yanama est bloquée suite à des éboulis puisque leurs proches ont été contraints d’arriver par le sentier. Grosse déception sur le coup, nous nous étions conditionnés  initialement pour réaliser ce trek en 7 jours au lieu des 9 jours nécessaires, d’autant plus que les jours 6 et 7 ne sont pas les plus intéressants du parcours depuis que la route s’est ajoutée au paysage.

C’est donc frais fatigués que nous nous levons aux aurores, prêts à en découdre pour un troisième jour consécutif de marche avec encore 1000 mètres de dénivelé jusqu’au col de Mariano Llamoja, logé à 4660 mètres d’altitude. Ce n’est qu’au moment de partir, les bâtons dans les mains, que nous apprenons qu’en ce dimanche, il y aurait un collectivo spécialement affrété et qui partirait dans une heure en direction de.. Santa Teresa (Playa) !

Ô joie ! Ô bonheur !

Le collectivo, ce sauveur !

Nous n’en croyons pas nos yeux et faisons répéter le père de famille, qui serait du voyage, plusieurs fois afin d’être sûrs. Deux heures plus tard (oui, le concept de Ahorita au Pérou est à revoir), le collectivo est enfin prêt à partir.

Lily et Eva, dans le doute jusqu'au dernier moment !
Lily et Eva, dans le doute jusqu’au dernier moment !

La veille, un petit jeune nous proposait 200 soles (35€) par tête de pipe pour nous emmener en moto, nous lui avions alors gentiment fait comprendre que malgré nos têtes de Gringos, il n’y avait pas marqué pigeon! Bien décidés à payer cette fois-ci le prix local, nous négocions un prix de groupe revenant à 30 soles par tête la virée. Ce n’est qu’à l’arrivée, quand nous apercevrons le bon père de famille, avec qui nous avons passé la soirée précédente, tendre 40 soles au chauffeur, que nous nous sommes sentis honteux, nous les Français à toujours négocier pour tout et rien…

Revenons en à notre virée en collectivo.

Une fois les sacs sur le toit, nous partons allègrement dans notre van Toyota qui semble accuser le coup. Nous nous apercevons que le gamin, à peine majeur, que nous prenions pour un simple passager est en réalité notre chauffeur. Heureusement que la zen-attitude enseignée en Asie du Sud-Est est passée par là…

A peine trois cent mètres après le départ, les premières complications surviennent: la route en terre est encore boueuse à certains endroits, des éboulements subsistent et pour couronner le tout, la route est à flanc de précipice. Nous étions persuadés d’avoir tout vu avec notre raid 4×4 au Maroc mais remettre nos vies dans les mains d’un minot péruvien au volant d’une vieille tire 2×2 sur une telle route est encore une toute autre expérience !

Au final, tout le monde mettra la main à la pâte que ce soit pour empierrer, niveler, enlever des grosses pierres, pousser le van..et le petit chauffeur va s’avérer être un vrai Peterhansel Péruvien que l’on acclamera tous en choeur a chaque passage d’obstacles ! Bonne ambiance.

Au fur et a mesure du trajet, nous longeons le sentier piéton qui nous était destiné et sommes plutôt satisfaits d’avoir évité ces deux jours de marche sans grand intérêt si ce n’est ajouter des kilomètres au compteur. Une fois le col passé, la vallée de Yanama disparait derrière nous.

Après quelques heures de route, nous arrivons enfin sur les coups de 13 heures à Santa Teresa. Il serait trop dommage de s’arrêter en si bon chemin, surtout que le village d’Aguas Calientes (Machu Picchu Pueblo) est encore à 10 kilomètres de marche de la station Hydroélectrica, elle même à 30 minutes de voiture d’ici, vous suivez?

Non promis, ce ne sont pas nos mules:

Ce n’est que quand tous les passagers sont sortis du van que nous proposons discrètement au chauffeur de nous emmener à Hydroélectrica pour quelques soles de plus: vamos ! Le Machu Picchu n’a jamais été aussi près. In fine, le collectivo nous aura permis d’avancer de deux jours et demi de marche et nous aura épargné une cinquantaine de kilomètres de marche. Nous sommes désormais à 10 km d’Aguas Calientes. Petite fierté lorsque nous passons le point de contrôle à Hydroélectrica quand l’officiel nous demande d’où nous venons (Choquequirao) et qu’il nous congratule aussi sec.

Au pied d'Hydroelectrica
Au pied d’Hydroelectrica

Une petite pause-dej avant d’attaquer les dix kilomètres:

Désormais, Le chemin de croix consiste simplement à longer les rails du chemin de fer de la ligne. Malgré nos 5 jours de marche consécutifs dans les jambes, l’énergie positive est telle que nous effectuerons les 10 km de marche, sacs sur le dos, en deux heures, Lily en tête svp !

Nous apercevons de loin, tout en haut au centre de la photo, les ruines supérieures du Machu Picchu et notre imaginaire prend alors les commandes…

Nous croisons également le mythique train Hiram Bingham, du nom du célèbre explorateur Américain ayant découvert le Machu Picchu en 1911. Ce train est considéré comme l’Orient Express sud-américain.

L’arrivée à Aguas Calientes est juste lunaire: coincé entre deux montagnes, ce village tient plus d’un Disneyland qu’un hameau péruvien: hôtels de luxe, pizzerias, bars, internet, le paradis du Gringo...Déstabilisant quand tu as passé 5 jours coupé du monde en pleine nature.

Nous nous empressons d’acheter nos tickets pour le Machu Picchu (128 soles ou 38€), les tickets pour l’accès au Huayna Picchu, la célèbre montagne en face des ruines, (800 par jour au total) sont déjà tous partis! La nuit tombée, nous cèderons faiblement aux travers occidentaux avec une soirée Pizza-Pisco-Bière.Pour notre défense, cela faisait 5 jours que nous étions en diète 🙂

Demain, c’est lever 4h30 pour l’ascension des 1716 marches incas avec à la clef le Machu Picchu!

Le Collectivo, ce sauveur ! Pour la première fois durant ce trek, nous avons eu froid cette nuit, à 3600 mètres d'altitude. Nous apprendrons par la suite que les Hippies, seulement équipés d'une couverture en guise de duvet pour certains, sans nourriture, n'ont pas été plus loin que le col de San Juan, à 4150 mètres d'altitude. Paix à votre âme. Il a plu pendant la nuit et la Carpa, la tente, pourtant de très bonne marque, est complètement humide à l'intérieur, les affaires inclues. La journée commence bien. Depuis le début du trek, nous étions au courant qu'il existait un…

Le Trek des Fous: Yanama

Note

Peut-être la partie la moins intéressante du Trek

12 comments

  1. Chantal et Pierrick

    on n’a jamais tout vu, surtout le pire … super ce petit oiseau je vais voir si je trouve ce que c’est .

  2. En effet le contraste trek/Aguas Calientes est saisissant… que ne font-ils pas pour les touristes!!
    En tout cas, Lily en tête de la marche, j’approuve 🙂 on se refera une rando à votre retour et je ne ferai pas le poids face à votre entraînement de pro!

  3. J’attends la suite avec impatience, on est presque arrivé après toutes ces péripéties.
    Je crois que je n’ai pas de mal à vivre vos émotions, je vois tout à fait ! ouf de ouf mais ouf on est bientôt arrivé !

  4. Chantal et Pierrick

    le piaf ressemble bien à un thraupidé bleu et jaune , assez fréquent sur les chemins incas du Machu Picchu

  5. Bravo Chantal/Pierrick: Thraupis bonariensis
    pour tout savoir sur les oiseaux du Machu Pichu
    http://www.incatrail-peru.com/inka-trail/french/birds-of-machu-picchu.php

    routes de l’impossible: bravo, vous avez dépassé mon expérience colombienne

    collectivo: Yes ! quand Yanama….r
    Aaaaarrrrrfffff: le train bleu, mon rêve….avec du pisco

  6. finalement c’était une bonne idée de faire le maroc avant 🙂

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